zeligConf
 

[ zelingConf ]
[ european meeting of digital counter-cultures ]
[ paris, 15-16-17 decembre 2000 ]  

 

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Zelig Conférence

Le 15/16/17 s'est tenu à Paris au CICP la Zelig conference rassemblant acteurs et actrices de l'Internet et des logiciels libres en Europe et militants-es politiques.

Lors des debats, quasi personne ne s'est présenté-e. Il a donc été très difficile de recenser les organisations ou associations présentes. Cela dit il y avait au moins: APRIL, Samizdat, Sherwood.it, Linux fr, Réseau Voltaire, Valentin Lacambre (altern.org), l' AutreNet, Ouvaton.net, Enda, Freescape, Act-up, Indymedia, Maloka, des techniciens constructeurs du projet Freenet, Pl@cenet et quelques hackers.

Cette rencontre des 'contres cultures digitales' avait pour objectif de créer un réseau d'échange européen de savoir, d infos et de résistances. Cette idée est venue à Sherwood Tribune et Samizdat après Nice et au vue de la difficulté pour les participants-es a s'organiser et a faire passer l'information. Avec en plus la difficulté de rendre compte des différences de cultures, de cadres législatifs et de politiques entre les pays européens. Il s'agissait également de commencer à organiser la lutte contre les lois liberticide que l'Europe s'apprête à proposer à 47 pays sous le prétexte de lutte contre la cyber-criminalité ainsi que la révision prochaine des accords de Munich encadrants les dépots de brevets et de copyright en Europe et interdisant leurs depots sur des logiciels libres (même si les pratiques de brevetages de l'Office Européens des Brevets -indépendant de l'institution européenne- est en infraction avec ces accords). Le but de cette rencontre était donc de mettre en relation la plupart des acteurs et actrices de l'Internet, du logiciel libre, et des luttes sociales en Europe afin de créer une dynamique internationale. Il y avait des personnes venues de Belgique, d'Italie, d'Angleterre, d'Autriche, de Suisse, d'Espagne.

La Zelig à été l'ocasion de faire se rencontrer militants-es politiques et techniciens-es du logiciels libre et de l'internet. Politiquement il y avait de tous les horizons et certains points ont donc été discutés avec plus de passion, notamment le problème des lois contre la cyber-criminalité que certains soutenaient (rapellont la recente nomination aux Big Brothers Awards de la LDH ou de la LICRA pour ce motif...bizarement je ne suis pas étonné :-P) ou de la cryptographie, que certains-es voulaient plus ou moins interdire car elle pourrait aussi servir aux terroristes pour un putch (sisi je vous jure ca a été dit…mais la réponse ne s'est pas fait attendre) ou encore sur le sujet des brevets. Cela dit, il y avait des gens franchement calés-es sur les sujets et c'était malgré tout très instructif.

A la finale, peu de décisions ont été prises sur place mais il s'agissait plus de sensibiliser et d'ouvrir le débat. Les détails des initiatives lancées se discuteront par l'intermédiaire de listes de discussions. Si cela vous intéresse, elle est accessible sur le site de samizdat.

1. Creation d'une agence de presse independante europenne.


Un des points les plus intéressant (de mon point de vue) a été la discussion autour de la création d'une " agence de presse " (c'est comme ca que la proposition a été définie par Sherwood Tribune mais il y a eu consensus quand au fait que cette définition n'est pas la meilleure). Cette idée est partie du constat que les informations circulaient encore mal au niveau européen alors que beaucoup de gens luttaient localement pour la même chose ou pour des luttes peut être plus spécifiques mais dont le fond est commun (brevet sur les logiciels et le vivant par exemple). En plus il s'agissait de réagir à la mondialisation du kapitalisme alors que les mouvements sociaux restent encore très locaux.

Sherwood a expliqué que la grosse lacune actuelle étaient qu'il existait des sites comme Indymédia qui médiatisaient les luttes mais ne les expliquaient pas réellement. Cette " agence " aurait donc pour tâche de publier des textes de fond sur les luttes en cours, ce qui permettrait d'expliquer leur contexte socio-politique. Mis en relation avec des sites d'actualités comme Indymédia, on aurait alors un réseaux d'informations efficace. Certains-es ont évoqué le fait que cela permettrait en outre de passer les infos a des médias plus institutionnels (presse, télé,… on peut toujours rêver…).

La question de la forme du site (comment publier, faut il un modérateur,…) a été celle qui a posée le plus de problème. Il a été question d'adapter le concept du site slashdot.org. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, il s'agit d'un site ou on publie soi-même ses textes et ou les lecteurs-rices ont la possibilité de poster eux aussi des réponses à ces textes. Les textes sont ensuite plus ou moins mis en avant selon le nombre de réactions qu'ils ont suscité. Si un texte déclenche trop de réactions, il est alors créer un forum spécial par rapport a ce texte. Mais la réflexion s'est arrétées là, par manque de temps. Ce fonctionnement interroge tout de même : n'y a t-il pas un risque de hiérarchisation des luttes selon l'intérêt que leur porte le public ? N'assisterait-on pas là au même phénomène que sur les médias intitutionnels ?

Un enseignant du Gard impliqué dans les luttes sur l'éducation dans sa région a soulevé le problème de la récupération des luttes et/ou de rachat de l'agence de presse en prenant exemple sur.. Libération évidemment ;-P. L'exemple récent de Citeweb rappelle qu'il est important de ne pas oublier de créer un cadre légal pour cette agence afin de ne pas risquer un rachat devant lequel les créateurs-rices seraient démunis-es de tout recours. Mais rien n'a encore été décidé là dessus et le débat reste ouvert...



2. Brevets et logiciels libres.

Cette discussion a plus été une sensibilisation du public autour du logiciel libre et du problème des brevets et de la propriété, tout le monde n'étant pas véritablement calé sur le sujet. Abordant ce genre de problèmatiques et au vue des nuances dans le public, il était prévisible que la discussion ne serait pas forcément la plus abouties, mais en tout cas une des plus animée. Elle s'est découpée en 2 points.

coopération productive : nouveau mode de production ou alternative ?

Il a d'abord été fait un rapide historique de la création des logiciels libre et une explication de leur " philosophie ". Cela tournait autour des théorie de R. Stallman et de la coopération productive, c'est a dire du fonctionnement horizontal de la création des logiciels libres (tout le monde participe à l'élaboration de ces logiciels, du programmeur à l'utilisateur). Il y a même été question de l'aborder comme projet politique et social. Il a été admis que les initiatives qui verraient le jour à la sortie de ces conférences fonctionneraient plus ou moins sur ce mode.

La grande question a propos des logiciels libres était de savoir s'il ne s'agissait pas d'une mutation du Kapitalisme vers l'immatériel plutôt que d'une forme de production alternative. Car il a été souligné qu'aujourd'hui beaucoup de société utilisaient les logiciels libres comme support de ventes de leurs services. Dernièrement la société VA-Linux vendant des services autour de Linux a fait son entrée au NASDAQ et a battu tous les records d'appréciation de la valeur de ses actions (+ 698% en une séance). Beaucoup de sociétés mélangent maintenant des employés-es rémunérés-es et des bénévoles afin de programmer leurs logiciels qui sont licencés en semi-libre… Il y a eu au cours de la discussion un problème flagrant à désigner le Kapitalisme (certains-es préféraient le terme de féodalisme) comme problème de base à régler avant de pouvoir parler réellement d'alternative, ce qui a empéché le débat d'avancer. Cela dit les personnes présentes étaient pour la plupart d'accord pour dire que tant qu'il n'existera pas de réel service public en matière d'informatique (création, diffusion et formation), ce mode de production n'aura que très peu de possibilités de se dévelloper de facon intéressante.

Un bon résumé de ce débat trouvable sur samizdat dit: " Le sociologue Olivier Blondeau rappelle que si les logiciels libres se sont développés en partie au delà de la firme, au delà du marché et au delà de l'Etat, il est surtout important de réaliser qu'ils se sont surtout développé au sein de la firme, au sein du marché, au sein de l'Etat. Il précise que l'Etat a financé beaucoup de chercheurs universitaire qui ont développé du logiciel libre, sans pour autant contrôler leur production. Les logiciels libres portent selon lui la contradiction au coeur du système. Un jeune programmeur s'inquiète du risque que la jurisprudence ne soit pas favorable à la GPL en cas d'appropriation d'un logiciel libre par une boite informatique. On rappelle que tout les conflits précédents ont été résolus directement par la Free Software Foundation, sans intermédiaire de la justice. Que la GPL bénéficie de la même protection que le copyright. Un économiste explique que le phénomène des logiciels libres est impensable dans le cadre théorique de l'économie classique. Et que pourtant les logiciels libres existent bel et bien. Selon lui, et si je me rappelle bien, il y a un modèle économique qui permet aux logiciels libres d'exister au sein de l'économie de marché (sociétés de service). Mais beaucoup continue à programmer bénévolement, et beaucoup de créateurs fournissent gratuitement des informations sur le net : est-il effecient et juste que ces personnes ne soit pas rémunérées. Ne faudrait-il pas encourager des mode de travail coopératif dans d'autres domaines de création immatériel, puisque ce modèle a démontré sa supériorité ? Par ailleurs, de plus en plus d'économistes jugent crédible la proposition d'un "revenu de citoyenneté"... Parmi plusieurs autre intervention intéressantes, j'en ai retenu une qui rappelle que même si les artistes veulent utiliser le modèle du copyleft, ils sont pour l'instant contraint d'utiliser des formats propriétaires comme par exemple real-video. "

GPL et copyleft: rustine anti-rachat


L'autre question importante de ce débat portait sur l'autre partie de la théorie de Stallman, c'est à dire le problème de la propriété intellectuelle, des brevets et des copyright. Un court exposé sur les licences publics inventées par Stallman et ses partenaires (la GPL, General Public Licence qui permet aux créateur de sauvegarder son invention du rachat par des firmes privées tout en pouvant distribuer le code source de son logiciel et le copyleft) a mis tout le monde a niveau avant de lancer le débat. Mais la difficulté pour certains-es de remettre en cause le capitalisme et un de ses fondements, la propriété, a fait qu il s'est embourbé. La licence GPL et le copyleft présentent l'intérêt de permettre à des créateurs de logiciels libres d'éviter qu'ils puissent être rachetés et exploitées par des sociétés privées mais ne serait-il pas plus interessant de se dire que toute invention "appartient" au domaine public (l 'inventeur-rice ne s'appuie-t-il-elle pas sur d'autres inventions pour créer la sienne?) et que de ce fait tout le monde peut en profiter. La rémuneration par la collectivité des inventeurs-rices (à hauteur de l'utilité ou de l'utilisation de leur invention, que sais-je...) éviterait la marchandiasation de leur invention, seule possibilité actuelle pour eux-elles de vivre et de créer. On évite ainsi tout besoin de brevetage. Mais bien sur on écarte de ce fait tout idée de profit, et cela ne plaira pas à tout le monde, même si chaque jour des milliers de personnes meurent du SIDA en Afrique.

La raison de ce débat etait plus a la limite d'essayer de sensibiliser au problème de la révision des articles des accords de Munich qui protègent les logiciels libres, la licence GPL et le copyleft (article 52.2 et article 133). En informant, les organisateurs-rices espéraient plus ou moins lancer une dynamique de résistance face à ces reformes. Reste a voir si la mobilisation suivra ...


Repiqué sur http://www.citeweb.net/fanantes/ ou vous pouvez consulter une liste de liens complémentaires.
 

 

 


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